Message du Pape Benoît XVI aux jeunes.
JMJ 2011 - Madrid
"Enracinés et fondés en Christ, affermis dans la foi" (cf. Col 2, 7)
3. Affermis dans la foi
Soyez «enracinés et fondés en Christ, affermis dans la foi» (cf. Col 2, 7). La lettre d'où vient cette citation a été écrite par saint Paul pour répondre à un besoin précis des chrétiens de la ville de Colosse. Cette communauté, en effet, était menacée par l'influence de certaines tendances de la culture de l'époque, qui détournaient les fidèles de l'Evangile. Notre contexte culturel, chers jeunes, a de nombreuses ressemblances avec celui des Colossiens d'alors. En effet, il y a un fort courant «laïciste», qui veut supprimer Dieu de la vie des personnes et de la société, projetant et tentant de créer un «paradis» sans Lui. Or l'expérience enseigne qu'un monde sans Dieu est un «enfer» où prévalent les égoïsmes, les divisions dans les familles, la haine entre les personnes et les peuples, le manque d'amour, de joie et d'espérance. A l'inverse, là où les personnes et les peuples vivent dans la présence de Dieu, l'adorent en vérité et écoutent sa voix, là se construit très concrètement la civilisation de l'amour, où chacun est respecté dans sa dignité, où la communion grandit, avec tous ses fruits. Il y a cependant des chrétiens qui se laissent séduire par le mode de penser laïciste, ou qui sont attirés par des courants religieux qui éloignent de la foi en Jésus Christ. D'autres, sans adhérer à de telles approches, ont simplement laissé refroidir leur foi au Christ, ce qui a d'inévitables conséquences négatives sur le plan moral.
Aux frères contaminés par ces idées étrangères à l'Evangile, l'apôtre Paul rappelle la puissance du Christ mort et ressuscité. Ce mystère est le fondement de notre vie, le centre de la foi chrétienne. Toutes les philosophies qui l'ignorent, le considérant comme «folie» (1 Co 1, 23), montrent leurs limites devant les grandes questions qui habitent le cour de l'homme. C'est pourquoi moi aussi, en tant que successeur de l'apôtre Pierre, je désire vous affermir dans la foi (cf. Lc 22, 32). Nous croyons fermement que le Christ Jésus s'est offert sur la Croix pour nous donner son amour. Dans sa passion, il a porté nos souffrances, il a pris sur lui nos péchés, il nous a obtenu le pardon et nous a réconciliés avec Dieu le Père, nous donnant accès à la vie éternelle. De cette façon, nous avons été libérés de ce qui entrave le plus notre vie: l'esclavage du péché. Nous pouvons alors aimer tous les hommes, jusqu'à nos ennemis, et partager cet amour avec les plus pauvres et les plus éprouvés de nos frères.
Chers amis, la Croix nous fait souvent peur, car elle semble être la négation de la vie. En réalité, c'est le contraire! Elle est le «oui» de Dieu à l'homme, l'expression extrême de son amour et la source d'où jaillit la vie. Car du cour de Jésus ouvert sur la Croix a jailli cette vie divine, toujours disponible pour celui qui accepte de lever les yeux vers le Crucifié. Je ne peux donc que vous inviter à accueillir la Croix de Jésus, signe de l'amour de Dieu, comme source de vie nouvelle. En dehors du Christ mort et ressuscité, il n'y a pas de salut! Lui seul peut libérer le monde du mal et faire grandir le Royaume de justice, de paix et d'amour auquel nous aspirons tous.
Du Vatican, le 6 août 2010 Benedictus PP. XVI
Méditation et réflexion de Mgr RAVEL
5. Passons au concret : comment une vie grandit-elle ?
Nous rencontrons de ces hommes aux pensées sublimes, tout dévoués aux autres et assénant des certitudes que rien n’entame. Et cependant ils ne nous font pas envie. Pourquoi ? Ils sont sûrs d’eux, de leurs pensées et de leurs pratiques, un peu comme les pharisiens qui s’opposent à Jésus. Mais « quelque chose » leur manque qui ne les rend pas agréables. Ils apparaissent comme durcis, fossilisés alors que la vie (et donc Dieu) est en expansion, en mouvement, en développement permanent. En croissance vers l’amour !
Tu ne seras jamais ébloui(e) par Dieu si tu ne grandis pas. Si demain tu es pareil(le) à aujourd’hui, tu as donc perdu ta journée.
Etre vivants et reliés à la source implique d’être « affermis dans la foi ». C’est là une curieuse expression car tu aurais envie de dire : « la foi, on l’a ou on ne l’a pas ! » Et en fait, on grandit dans la foi parce qu’on grandit dans la vie en gagnant en tendresse.
A mesure que tu t’élèves, il te faut devenir aussi plus costaud même si tu es déjà bien enraciné(e) : le tronc des arbres s’épaissit sinon il est tordu par le vent. A côté de mon abbaye en Ardèche, j’ai même vu des arbres cassés en deux sous le poids des fruits. Mais devenir plus fort ne signifie pas vaincre les autres et les dominer.
Si tu veux rencontrer Dieu au sein d’une vie passionnante, reviens à cette vérité si étrange et presque folle qu’énonce la pape : « je désire vous affermir dans la foi. Nous croyons fermement que le Christ Jésus s’est offert sur la croix pour nous donner son amour… de cette façon nous avons été libérés de ce qui nous entrave le plus notre vie : l’esclavage du péché. » Le seul Dieu que je puisse rencontrer est donc Celui qui est mort pour moi pour que je puisse aimer tous les hommes et « partager cet amour avec les plus pauvres et les plus éprouvés de nos frères ». C’est inouï : « je ne peux donc que vous inviter à accueillir la Croix de Jésus comme source de vie nouvelle ».
Je vais donc grandir en m’affermissant et renouveler ma vie en fixant mon regard et mon cœur sur Jésus qui meurt sur la Croix.
Posons-nous la question et discutons entre nous :
- Ai-je conscience de grandir et de m’affermir ou au contraire ai-je l’impression de stagner dans ma vie et dans ma foi ?
- Comment puis-je dire que j’ai grandi ? Grâce à quoi ? Grâce à quel exemple ?
- Que peut vouloir dire : « accueillir la croix de Jésus » ? Cela a-t-il encore un sens ?
Un geste concret :
Prends une image (crucifix, icône, photo…) du Christ en croix et met la dans le livre que tu ouvres le plus souvent.
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