Message du Pape Benoît XVI aux jeunes.
JMJ 2011 - Madrid
"Enracinés et fondés en Christ, affermis dans la foi" (cf. Col 2, 7)
- Aux sources de vos plus grandes aspirations
A chaque époque, et de nos jours encore, de nombreux jeunes sont habités par le profond désir que les relations entre les personnes soient vécues dans la vérité et dans la solidarité. Beaucoup manifestent l'aspiration à construire de vraies relations d'amitié, à connaître un amour vrai, à fonder une famille unie, à atteindre une stabilité personnelle et une réelle sécurité, qui puissent leur garantir un avenir serein et heureux.
Certes, me souvenant de ma jeunesse, je sais bien que stabilité et sécurité ne sont pas des questions qui occupent le plus l'esprit des jeunes. S'il est vrai que la recherche d'un emploi qui permette d'avoir une situation stable est un problème important et urgent, il reste que la jeunesse est en même temps l'âge de la recherche d'un grand idéal de vie. Si je pense à mes années d'alors, nous voulions simplement ne pas nous perdre dans la normalité d'une vie bourgeoise. Nous voulions ce qui est grand, nouveau. Nous voulions trouver la vie elle-même dans sa grandeur et sa beauté. Bien sûr, cela dépendait aussi de notre situation. Durant la dictature du national-socialisme et la guerre nous avons été, pour ainsi dire, «enfermés» par le pouvoir dominant. Nous voulions donc sortir à l'air libre et entrer dans toutes les potentialités de l'être humain. Je crois que, dans un certain sens, cet élan qui pousse à sortir de l'habitude existe à toutes les générations. Désirer quelque chose de plus que la routine quotidienne d'un emploi stable et aspirer à ce qui est réellement grand, tout cela fait partie de la jeunesse. Est-ce seulement un rêve inconsistant, qui s'évanouit quand on devient adulte? Non, car l'homme est vraiment créé pour ce qui est grand, pour l'infini. Tout le reste est insuffisant, insatisfaisant. Saint Augustin avait raison : notre cœur est inquiet tant qu'il ne repose en Toi. Le désir d'une vie plus grande est un signe du fait qu'Il nous a créés, que nous portons son «empreinte». Dieu est vie, et pour cela, chaque créature tend vers la vie. De façon unique et spéciale, la personne humaine, faite à l'image et la ressemblance de Dieu, aspire à l'amour, à la joie et à la paix.
Nous comprenons alors que c'est un contresens de prétendre éliminer Dieu pour faire vivre l'homme! Dieu est la source de la vie : l'éliminer équivaut à se séparer de cette source et, inévitablement, se priver de la plénitude et de la joie: «en effet, la créature sans Créateur s'évanouit» (Concile Ocum.Vatican II, Const. Gaudium et Spes, 36). La culture actuelle, dans certaines régions du monde, surtout en Occident, tend à exclure Dieu ou à considérer la foi comme un fait privé, sans aucune pertinence pour la vie sociale. Alors que toutes valeurs qui fondent la société proviennent de l'Evangile - comme le sens de la dignité de la personne, de la solidarité, du travail et de la famille -, on constate une sorte d' «éclipse de Dieu», une certaine amnésie, voire un réel refus du christianisme et un reniement du trésor de la foi reçue, au risque de perdre sa propre identité profonde.
Pour cette raison, chers amis, je vous invite à intensifier votre chemin de foi en Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ. Vous êtes l'avenir de la société et de l'Eglise! Comme l'apôtre Paul l'écrivait aux chrétiens de la ville de Colosse, il est vital d'avoir des racines, des fondements solides! Et cela est particulièrement vrai aujourd'hui, quand beaucoup de jeunes n'ont pas de repères stables pour construire leur vie, ce qui engendre en eux une grande insécurité. Le relativisme ambiant, qui consiste à dire que tout se vaut et qu'il n'y a aucune vérité ni aucun repère absolu, n'engendre pas la vraie liberté mais instabilité, déception, conformisme aux modes du moment. Vous, les jeunes, vous avez le droit de recevoir des générations qui vous précèdent des repères clairs pour faire vos choix et construire votre vie, comme une jeune plante a besoin d'un tuteur, durant le temps nécessaire pour pousser des racines, pour devenir un arbre solide, capable de donner du fruit.
Du Vatican, le 6 août 2010 Benedictus PP. XVI
Méditation et réflexion de Mgr RAVEL.
2. Qui es-tu, toi qui cherches ?
Il nous est proposé un chemin, et commençons-le ensemble.
Il paraît que tu es un jeune… pourquoi pas après tout ? Si tu le dis… et si tu en es persuadé…
Mais que veut dire être jeune ? N’est-ce qu’une question d’âge ? Certains vieux sont si jeunes et certains jeunes font si vieux. Déjà à vingt ans, on leur a dit de penser à leur retraite et, le pire, c’est qu’ils écoutent persuadés d’être raisonnables.
Le pape nous jette sa définition à lui : « s’il est vrai que la recherche d’un emploi qui permette d’avoir une situation stable est un problème important et urgent, il reste que le jeunesse est en même temps l’âge de la recherche d’un grand idéal de vie. »
Tout est dit : il ne s’agit pas de prolonger indéfiniment l’inconscience de l’enfance et la « crise de l’adolescence» (mais je n’aime pas ce terme, je lui préfère le mot de « mutation »). La jeunesse voit éclore les premières décisions clés ; les premiers engagements financiers, professionnels, affectifs ; les premières responsabilités réelles sur soi et sur d’autres MAIS tout cela ne forme pas une jeunesse. Ce qui fait que tu es jeune, dit le pape, ce sont tes grands idéaux de vie.
De vie : pas d’ambitions professionnelles, de fringales de réussites sociales, de dérives égocentriques.
De vie : tes aspirations à l’amour authentique et à la joie pleine et à la paix entière.
De vie : la plus grande et la plus belle possible et même au-delà de ce que tu peux imaginer.
Et là, si tu es bien centré(e) sur la vie en toi, ne sens-tu pas que rien n’arrête ton désir ? Ne vois-tu pas en toi le désir d’une vie plus grande et toujours plus grande, sans limite comme si elle ne devait jamais finir et nous permettre de ‘manger le monde’ et toute sa vitalité ?
Le chemin se prend là, celui qui nous mène à l’expérience du Christ. Et pas ailleurs car Dieu est vie et il est source de la vie, de ta vie. Il n’y en a pas d’autre et sans Lui nulle plénitude ne sera atteinte. Il nous faut donc revenir à ce point là.
Posons-nous la question et discutons entre nous ?
- Est-ce que je me sens « jeune » dans le sens de Benoît XVI ? Le pape ne serait-il pas un peu rêveur compte tenu des difficultés qui attendent les jeunes d’aujourd’hui ?
- Est-ce la vie qui m’intéresse avant tout ?
- Ai-je mesuré combien me concentrer sur ma vie éveillait en moi une fringale d’infini ?
- Est-ce que je sens que j’ai besoin de repères pour ne pas gâcher ma vie ?
Un geste concret :
Ecrire trois lignes sur ce qui te semblerait la plus belle et haute vie pour toi.
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